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Focus sur la plaie et la cicatrisation

16 août 2018

Depuis sa création, le réseau SynergieMed propose des pansements pour traiter les plaies aigües et chroniques se rapportant à des situations cliniques spécifiques au domicile des patients. Simple et à la fois complexe, cette discipline s’avère être très technique. Chaque type de pansement correspond à un stade de cicatrisation bien particulier. Il existe des pansements pour des plaies planes, peu profondes, ou bien des plaies cavitaires, aussi bien pour des peaux fragiles ou saines avec une capacité d’absorption plus ou moins importante selon les besoins.

Au vue de la complexité de cette discipline, il était donc important que nous fassions un premier article en vous présentant les différents types de pansements et les différents stades de cicatrisation avant de rentrer plus en détail sur leur utilisation.

Quels sont les différents types de plaie ? 

Pour commencer, on distingue deux types de plaies différents :

Les plaies chroniques qui sont des plaies dont le délai de cicatrisation est allongé. On considère comme chronique une plaie qui n’a pas cicatrisé après 4 à 6 semaines d’évolution selon son étiologie. Elles incluent par exemple les ulcères, les escarres, les plaies du diabétique, les moignons qui ont une durée de cicatrisation très longue.

En l’absence de facteur pouvant retarder la cicatrisation, on parle de plaies aigües, ne dépassant pas 4 semaines d’évolution. Ce type de plaie incluent notamment les brûlures, les gelures, les morsures, les greffes et les prises de greffe, les dermabrasions profondes, les plaies à cicatrisation dirigée post chirurgicale…etc.

Quelles sont les différentes phases de cicatrisation ? 

Ensuite, toutes plaies présentent les mêmes étapes de cicatrisation : la détersion, la granulation (bourgeonnement) et l’épidermisation.

La détersion (phase de vascularisation) amorce le processus de cicatrisation pour permettre le bourgeonnement progressif de la plaie, vers sa fermeture. Cette phase consiste le plus souvent à retirer les tissus nécrosés et/ou la fibrine présente en excès pour permettre à la plaie d’évoluer favorablement grâce au saignement.

La phase de bourgeonnement ou de granulation fait référence à la phase de constitution de bourgeons charnus de derme permettant ainsi de combler la plaie. Pendant cette phase on recherche notamment la multiplication de cellules jeunes du derme en laissant la plaie en milieu humide. En effet, contrairement aux idées reçues, laisser la plaie à l’air libre est complètement contre indiqué dans la mesure où nos cellules et surtout les cellules de cicatrisation, les fibroblastes, fonctionnent avec 70% d’eau et donc, ont le besoin de rester en milieu humide.

La phase d’épidermisation est la dernière phase qui clôture le processus de cicatrisation en recouvrant le bourgeon. Les cellules épithéliales apparaissent donc et migrent au bord de la plaie. Ainsi, la plaie se contracte et recouvre donc ces cellules ce qui permet de fermer la plaie lentement. La cicatrice devient plus souple, plus lisse et plus douce au toucher, puis progressivement, plusieurs assises cellulaires se constituent pour aboutir aux couches habituelles de l’épiderme.

Quels sont les différents types de pansement ? 

Après avoir dégrossi les étapes de cicatrisation et fait la distinction entre une plaie aigue et une plaie chronique, intéressons-nous maintenant aux différentes « technologies » de cette discipline.

En comparaison des pansements que nous utilisons communément à notre domicile pour la « bobologie », le pansement dit « technique » présente des caractéristiques bien plus complexes.

Nous différencions les pansements de types :

Alginates : Ces pansements sont composés à plus de 50% de polymères d’acides alginiques obtenus à partir d’algues. Ce pansement est caractérisé par sa capacité d’absorption et de sa propriété hémostatique. (Plaie hémorragique)

Hydrofibres : Ces pansements sont composés à plus de 50% de fibres non tissées de carboxyméthylcellulose (CMC) pure. Ces fibres se transforment au contact des exsudats en gel cohésif, caractérisé par sa capacité d’absorption.

Hydrocellulaires : Ces pansements sont constitués de polymères absorbants et sont conçus sur une base de mousse de polyuréthane qui empêche la macération et permettent de maintenir la plaie en milieu humide et à température stable proche de 37°C, tout en maximisant le confort du patient.

Hydrocolloïdes : Ces pansements sont également constitués de polymères absorbants et sont constitués de 2 couches, la couche interne permettant d’absorber et de transformer les exsudats et une couche externe permettant de protéger la plaie d’une contamination par des micro-organismes.

Hydrogels : Ces pansements contiennent un gel contenant plus de 50% d’eau. Leur fonction principale est d’assurer l’humidification de la plaie. Ce type de pansement est utilisé pour hydrater la plaie et ainsi ramollir la plaque de nécrose présente sur la plaie. On utilise ces pansements généralement pour des escarres, des ulcères de jambes, des plaies diabétiques, des moignons d’amputation, des plaies cancéreuses, brulures poste-irradiation… etc.

Pansements vaselinés : Ces pansement sont aussi appelés tulles gras ou pansement gras et sont constitués d’un maillage très fin, imprégné de vaseline et d’hydrocolloïde pour améliorer l’absorption. Ils permettent le maintien d’un environnement chaud et humide.

Pansements au charbon actif : Ces pansements sont composés d’une couche de charbon actif et d’une enveloppe en nylon non tissé, contenant la couche de charbon. Ils sont conçus pour absorber les odeurs des plaies par absorption physique.

Pansements à l’argent : Ces pansements sont composés de différentes couches auxquelles ont été ajouté de l’argent pour ses vertus antibactériennes. En effet, l’argent est un antibactérien naturel utilisé en milieu hospitalier pour ces caractéristiques antimicrobiennes avec la particularité de ne pas coller la plaie.

Pansements à base d’acide hyaluronique : Ces pansements permettent de maintenir la plaie dans un environnement favorable à sa cicatrisation. Ensuite, l’acide hyaluronique à la particularité d’avoir une grande capacité de rétention d’eau, d’où son appellation « d’éponge moléculaire ». Cet acide permet également d’accélérer la prolifération de certaines cellules et fait partie des pansements dits « biologiquement actifs ».

Quelle est la place du coordinateur dans ce type de prise en charge ? 

Dans le cas d’une prise en charge d’un pansement au domicile, nos équipes SynergieMed assurent un suivi régulier au domicile du patient pour examiner l’évolution de la plaie et ainsi prévenir le médecin prescripteur de tout changement anormal lors du processus de cicatrisation. Nos équipes assurent ensuite la coordination des soins avec les infirmières libérales si il y a un changement de protocole et livre les consommables nécessaires à la bonne cicatrisation de la plaie du patient.